Au fond, une « réunion de concertation publique » dans une salle des fêtes municipale n’est rien d’autre qu’une séance de torture olfactive et intellectuelle. Entre l’odeur du café brûlé et celle du linoléum humide, on nous demande de valider des décisions déjà prises par des technocrates qui méprisent la géométrie autant que l’humanité. Ce que l’on nomme pompeusement « démocratie participative » ressemble davantage à une tentative désespérée de colmater un tuyau d’évacuation qui fuit dans un HLM vétuste : tout le monde crie, personne n’a les bons outils, et à la fin, c’est toujours de l’eau sale qui nous coule sur les chaussures.
La Géométrie de l’Arnaque
Les politologues, ces astrologues des temps modernes, traitent la « volonté publique » comme une substance éthérée, presque sacrée. Quelle blague. Si vous voulez voir la vraie nature de la volonté collective, regardez plutôt la bousculade pour le dernier sandwich triangle poulet-mayonnaise dans une aire d’autoroute un jour de grand départ. C’est sale, c’est violent, et c’est purement biologique.
Ce que nous appelons « l’opinion » n’est qu’un bruit statistique, une fluctuation aléatoire causée par l’hypoglycémie et la frustration des transports en commun. On peut draper cela dans des termes savants comme « variétés riemanniennes », mais soyons honnêtes : la topologie de l’opinion publique est celle d’une file d’attente à la Caisse d’Allocations Familiales. C’est une surface rugueuse, hostile, où chaque individu n’est qu’un vecteur de plainte.
Quand vous votez, vous n’exercez pas un droit civique ; vous cherchez un bouc émissaire pour votre mal-être quotidien. C’est un vacarme assourdissant, une dissonance cognitive que l’on rêverait de bloquer avec un casque à réduction de bruit bas de gamme, juste pour s’isoler de la bêtise ambiante. Mais on ne peut pas. On est forcé d’écouter. Et plus on compresse ces informations pour en tirer un « consensus », plus on perd la texture du réel. Ce qui reste, c’est une purée insipide, un compromis mou qui a le goût du carton bouilli.
La Courbure de l’Indigestion
C’est ici que l’Information de Fisher devient utile, non pas pour élever le débat, mais pour quantifier notre agacement. Imaginez le calcul de la métrique de Fisher comme le moment gênant de l’addition dans un mauvais restaurant, où l’on se bat pour savoir qui a bu le plus de vin. La « courbure » de l’espace social, c’est la tension palpable dans l’air quand personne ne veut payer.
Dans cet espace tordu par la mauvaise foi, la vérité ne survit pas. Seule la gueulante l’emporte. Nous naviguons dans cette mélasse en essayant de nous raccrocher à des rituels de pureté ridicules. Nous achetons par exemple un moulin à café manuel hors de prix, en acier inoxydable, persuadés que la précision du broyage va donner un sens à nos matins vides. Nous tournons la manivelle, encore et encore, broyant du noir avec élégance, espérant que la mécanique nous sauvera du chaos.
Mais c’est une illusion. Le café est amer, comme la société. Le consensus public est cette eau de vaisselle tiède que nous sommes forcés d’avaler en souriant, en hochant la tête, prétendant que c’est le nectar de la démocratie alors que c’est juste du jus de chaussette institutionnel.
L’Entropie et le Dépotoir
En fin de compte, la décision publique est une lutte perdue d’avance contre l’entropie. C’est essayer d’éponger une inondation avec une serviette en papier. La thermodynamique est formelle : pour chaque once d’ordre que vous croyez créer dans l’urne, vous générez une tonne de chaos social ailleurs.
Regardez vos ronds-points décorés d’œuvres d’art hideuses, regardez ces formulaires administratifs kafkaïens. Ce sont les déchets cristallisés de nos tentatives de réduire le bruit statistique. On nous parle de « co-construction », mais c’est comme passer un plat surgelé périmé au micro-ondes : ça chauffe, ça tourne, mais à la fin, ça reste immangeable et ça sent le plastique brûlé.
Je n’ai aucune envie de sauver ce système. La structure mathématique de la stupidité humaine est trop parfaite, trop robuste. L’homme est un bug qui se prend pour une fonctionnalité. Je préfère rentrer chez moi et laisser les algorithmes gérer ce désastre. Au moins, eux, ils ne prétendent pas avoir d’âme.
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